En attendant Langdon et Neveu

J’ai terminé le « Da Vinci Code » la nuit dernière. Ma compagne l’avait déjà lu et je préférais l’avoir lu avant de le voir au cinéma, histoire de pouvoir commenter en connaissance de cause.

Un très bon thriller. Dans un thème un peu similaire, je lui ai préféré le « Pendule de Foucault » d’Umberto Eco, lu il y a plusieurs années. Mais pourquoi tant de bruit ? Personne ne sait plus faire la différence entre un roman et la réalité ? Quel est ce besoin irréel de voir autre chose que ce qui est vraiment devant vous ? Besoin de rêver ? De tout remettre en question ?

J’ai hâte de voir les réactions qui vont accompagner la sortie du « Da Vinci Code » de Ron Howard. J’espère seulement que le film sera à la hauteur du roman. La participation de Dan Brown à l’adaptation permet d’espérer. La filmographie de Howard et Hanks aussi.

J’y reviendrai surement après la sortie.

Même de ça en France

Lorsque j’ai lu le billet de Me Eolas « Air Chiotte », je me suis rapellé certains moments tristes que j’ai eu à vivre depuis mon arrivée en France. La réaction de Veuve Tarquine n’est est que plus éloquente. Que ces deux bloggers en questions soient avocats ne changent que peu de choses à leur réaction : il y a une part non négligeable d’altruisme dans cette profession. On pourrait s’attendre du même type de réaction de journalistes.

Mais leur emploi du temps professionnel ne change rien à tout ça. Ils s’indignent (à juste titre) d’une situation indignante et outrageante pour la France. Ils oublient ou ne savent peut-être pas qu’il s’agit d’un comportement n’éxistant qu’en réaction à une attitude populaire largement répendue et qui demande ce genre de comportement.

Entendez moi bien : je suis immigré ici en France depuis plus de 10 ans. Ce genre d’immigré que l’on choisis : francophone, éduqué, cultivé (du moins je crois) et ni noir ni beur. Une bonne copine sénégalaise, docteur en Mathématiques de la Sorbonne et arrivée en France avec sa famille à 6 ans, m’a dit un jour « Tu sais, toi tu sera toujours plus français que moi qui vis ici depuis plus de 30 ans ». Elle est depuis partie vivre en Suisse.

Plusieurs autres immigrants m’ont tenu le même langage. Tous étaient soit noir, soit maghrébins. « T’es pas un étranger, toi, t’es blanc ». Je l’ai trop souvent entendu, et à une époque ou Sarko s’amusait à supporter Balladur, où la gauche s’apprétait à prendre le pouvoir. J’ai continué à entendre le même discours pendant les années Jospin. Donc ceux qui ont envie de faire de la démagogie de bas étage devraient regarder autour d’eux. C’est en quelle année de Le Pen à fait ses premiers 10% ? 1984.

Qu’on s’en offusque, oui. Mais que ce soit la seule réaction, qu’on ne recherche pas la source de ce racisme dans la société autour de soi, ça me semble encore plus problématique. Ce que Me Eolas illustre, c’est le symptôme d’un mal beaucoup plus profond : la xénophobie française. Et tant qu’on ne permettra pas à tous un accès égal au travail et au logement, le déséquilibre de la société française alimentera cette xénophobie, ce rejet de ce qui est différent, noir, beur, tant qu’il ne joue pas au foot.

Ce bon vieux temps

Une note du blog CFTC de HP m’a fait réagir un peu plus que de nature. En parlant de l’époque des fondateurs d’HP, j’ai lu :

« Ca change de Bill et Dave qui n’avaient vraiment aucun souci à se faire, les gens se bousculaient pour les approcher, leur parler, les voir et obtenir des dédicaces… »

C’était au sujet du passage de Mark Hurd, PDG mondial d’HP qui a été repoussé à plus tard, vu le climat social local par notre ancien PDG, PS. J’ai réagit par une note que je vais tenter de reproduire ici, vu que je crois que JPV va la bloquer sur le blog en question :

C’est vrai que c’était tellement mieux à l’époque où les deux tours du World Trade Center étaient debout, que le mur de Berlin était encore solide, … (le reste je ne m’en souviens déjà plus).

Je me rend compte après coup comment le passé m’indiffère. A quel point ça m’agace d’entendre dire à quel point c’était mieux avant. Comme si ça changeait quelque chose de comparer l’avant et l’après. A ce titre, on va déterrer les morts, se souvenir du bon vieux temps de Vichy, de l’Alsace allemande et tout le toutim.

Entendez moi bien : il ne faut pas oublier le passé lorsqu’il devient histoire, lorsqu’il est source d’apprentissage et de savoir. Mais quand le passé n’est que source de réminiscences, de nostalgie et de souvenirs, il n’est pas encore assez cuit pour être utilisable. Mieux vaut le laisser reposer encore un peu.

Quand c’est fini ça recommence…

Une semaine de tarré, moi je vous dis.

Demain, demi-journée de réunion C.E. histoire d’élire les commissions. Je crois qu’on va y être pendant un moment.

Puis mercredi, journée complète de C.E. extraordinaire concernant le P.S.E. Journée stratégique, car si je ne m’abuse, c’est la dernière avant de rendre un avis. Encore faudra-t-il le rendre.

Puis j’oublie, il y a le boulot dans tout ça. Ca devient presque ridicule d’oublier le principal. Pas que je passe la majorité de mon temps à faire autre chose, mais il y a des périodes comme ça où le travail semble passer un peu au second plan. Et cette semaine, vu qu’on m’a demandé de pondre, avec un collègue, une note qui partira directement au PDG, je n’ai pas envie de me manquer. On ne nous demande pas souvent vraiment notre avis. Quand ça passe, mieux vaut pouvoir le donner de façon cohérente.

Enfin, je termine la semaine par le début d’un week-end d’astreinte, histoire de rester disponible pour nos chers clients.

Il y a des semaines comme ça…

Avec un peu de recul…

Bon. Ca fait à peu près une semaine que nous sommes revenu de Tordouet.

Il y a deux semaines, j’étais en plein stress à l’idée de devoir faire, demain, le déménagement en Normandie, charger le camion, se rendre là-bas, vider et revenir. Tout c’est à peu près bien passé. Comme d’habitude, ce ne sont jamais les craintes que nous avons qui se matérialisent. D’autres problèmes se posent.

Comme par exemple le camion de 20 m3 qui ne passe pas sous les arbres de la nouvelle propriété et qui nous obligent à vider le camion à 50m de l’entrée de la maison. Mais sinon, c’était plutôt cool.

Puis les jours qui ont suivi ont été réparti entre découverte de notre nouvelle maison, travail pour prendre possession de nos nouveaux espaces (en moins lyrique, vider les cartons), découvrir le fonctionnement de la maison (pourquoi le chauffe-eau ne marche pas en réglage « heures creuses »? ) etc.

Mais somme toute, nous avons quand même eu le temps de se reposer, de profiter de notre nouveau coin de rêve et même, en prime, de rencontrer quelques uns de nos nouveaux voisins.

Effectivement, il y avait une petite fête du printemps au village le dimanche de notre départ. J’essayerai d’y revenir dans un autre billet. Mais au moins, nous avons pu nous rendre compte que les habitants de notre village d’adoption étaient plutôt sympathiques et accueillants. Par contre, histoire de ne pas perdre l’URL, le garde ici les coordonnées de François Spreux que j’ai trouvé par hasard sur le WEB.

Vivement qu’on y retourne…

Pas de doute

A voir le nombre de visites de mon dernier billet, vous conviendrez avec moi qu’il n’y a pas de doute : le trackback est bien plus efficace que la publication sur Agoravox.

Mais bon, ce n’est pas vraiment mon truc, de vivre en parasite des mots des autres.

Aujourd’hui, nous avons engagé, ma tendre moitié et moi, quelques dizaines d’années communes de notre vie pour acquérir une maison. Un coup de coeur en Normandie…

Un peu de calme, dans ce monde de bruit. Aprês s’être bien pris le choux avec les anciens propriétaires, nous avons enfin les clef. Je déménage des meubles samedi et on y retourne dimanche pour la semaine. Ma femme attend un heureux évènement pour le début juin, donc je ne veux absolument pas la voir faire des efforts. Là là bas, on va pouvoir se reposer un peu, du moins passer un peu de temps devant notre cheminée.

Tout « ça a commencé par un coup de coeur pendant les vacances de Noël. Nath avait vu une petite photo de cette maison en cherchant un gîte pour nos vacances. On a heureusement trouvé l’appart d’une copine à Trouville. Nous avons alors pu aller voir la fameuse maison un aprês-midi. Et là : coup de coeur !!! Un coin un peu reculé: 265 habitants dans une petite vallée, à l’abri d’un clocher du 12e siècle.

Aprês quelques visites, des négociations, quelques prises de têtes, nous avons finalement signé aujourd’hui à 14h30. Il ne reste plus qu’à déplacer une tonne de trucs là-bas pour pouvoir y vivre à peu près normalement nos week-ends, congés et vacances. En attendant le petit dernier qui va arriver en juin. Et qui va rapidement aller passer son premier été dans la vallée d’Auge.

Il faut aussi marquer les évènements heureux, sinon un blog ça devient ennuyant.

Pique-blog

Et bien, j’avais déjà entre-vu la mention sur Standblog de Tristan Nitot, et maintenant c’est Me Eolas qui en rajoute une couche ce matin : je suis absolument divers et trivial dans mes lectures 😉

Quand je me rend compte en plus que deux autres des blogs qui sont listés ont à un moment ou à un autre fait partie de la liste de lecture feeds RSS jusqu’à récemment, je me rend compte que je vais devoir bosser mon originalité… Il y a pourtant une chose que j’ai récemment remarqué grâce à eux deux; c’est la force des trackbacks !(j’en suis encore à m’interroger sur le bon usage du point-virgule, va falloir consulter).

En effet, rien de plus efficace qu’un trackback bien placé sur le blog d’un leader d’opinion pour voir sa fréquentation monter en flèche. Même une parution sur Agoravox ne fait presque pas bouger le compteur de lectures. Par contre, un trackback sur le site de Me Eolas à propos de son analyse légale du CPE signé par la FIDL et boom : 72 lectures au dernier décompte.

Ca donne donc envie de jouer au pique-blog : laisser traîner quelques trackbacks ici et là, sur les blogs des leaders d’opinion, histoire d’attirer l’attention et de faire monter le blogimat. Un peu comme ces blattes que l’on retrouve autour des peoples, eux-même souvent les blattes d’un autre monde, qui n’arrivent à survivre qu’en parasitant l’environnement des autres. Mais ça ne fait pas très glorieux tout ça. Mais je reste quand même curieux de savoir combien de jeunes bloggeurs utilisent ce procédé…

Par contre, qu’est-ce qu’ils s’énervent, les lecteurs d’AgoraVox !!! 41 commentaires au dernier décompte et à peu près tous à coté de la plaque. Je crois que je vais me rallier à un commentaire privé à propos de la noyade des thèmes d’Agoravox dans une pléthore de commentaires inadéquat et revoir ma participation à ce méga-forum … Pas que ça me déplaise, mais quand je vois les inepties que certains peuvent amener autour d’un thème qui n’a rien à voir avec Molière ni la petite taille, je m’étonne…

Enfin, je vais rester dans ma trivialité et aller bosser un peu, histoire de remettre tout ça en contexte…

P.S. Mes plates excuses par avance à MM. Nitot & Eolas pour avoir ainsi phagocité leur noble blog 😉

La FIDL, employeur voyou ?

Ce genre de titre est ce que l’on nomme en langage de pub, « une accroche ». C’est un peu le même procédé qu’a voulu employer la FIDL en faisant signer à Dimitry un Contrat Premier Embauche (CPE) lundi dernier dans ses locaux du Xe arrondissement à Paris. La presse nationale a généreusement relayé la nouvelle.

Or il semble que ce fameux CPE soit tout à fait illégal. C’est du moins ce qu’affirment Maître Eolas et Jules de Diner’s Room sur leur blog respectif. Ces deux juristes avancent des arguments légaux solides pour étayer cette thèse. Le premier et non le moindre est que le CPE n’est applicable qu’aux sociétés de plus de vingt employés. Or la FIDL ne compte qu’un seul salarié : Thomas un étudiant en droit. Ce qui la rend donc inéligible l’utilisation d’un CPE pour employer quelqu’un.

Selon Maître Eolas :

« … mes lecteurs savent que le CPE n’est applicable que dans les entreprises de plus de 20 salariés, or il ressort que cette organisation avait un salarié unique, et il semble même qu’il n’en ait plus aucun. Dès lors, la FIDL ne pouvait légalement signer de CPE. »

Nous apprenons ainsi que le CPE illégal se transforme donc en CDI standard. L’élément non négligeable que relève ces deux avocats est que le licenciement de Dimitry opéré vingt-cinq minutes plus tard prend donc un caractère abusif et est donc passible de poursuites au prud’homme. Encore une fois, selon Me Eolas :

« J’espère pour elle que ses « anciens membres devenus juristes » ont pensé à glisser dans le contrat de deux pages une clause de période d’essai, sinon elle vient de procéder à un licenciement sans respecter la procédure : elle doit un mois de salaire à Dimitri, et si elle ne peut justifier de motifs valables tenant à la personne du salarié, elle peut être condamnée à lui payer cette somme par mois à titre de dommages intérêts jusqu’à ce que Dimitri trouve un autre emploi. »

Chanceux, Dimitry a un an pour faire respecter ses droits. D’autres irrégularités viennent entacher ce « coup de pub ».

Entre autres, Dimitry aurait du recevoir par courrier recommandé avec accusé de réception une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) au plus tard le jour précédant la date d’embauche. Ce qui ne semble pas avoir été le cas. Le lecteur pourra se forger sa propre opinion en lisant l’intégralité des billets de Me Eolas et de Jules de Diner’s Room.

Ce type de billet issus d’un blog n’aurait pas autant d’impact s’il n’était pas rédigé par des avocats qui pratiquent le droit de façon quotidienne. CE qui ne semble pas être le cas des anciens de la FIDL qui ont conseillé celle-ci avant de faire signer un CPE dans l’illégalité.

Seulement une partie de l’info

Il est parfois utile d’avoir le regard d’un technicien sur une information. En l’occurence, Me Eolas en fait la preuve dans son billet « La FIDL est elle ultra-libérale ? »avec le déboulonnage du CPE signé par le FIDL. J’étais mort de rire à la lecture de sa prose, intéressé par la démonstration.

Ensuite, je suis un peu resté surpris de ne voir personne dans la presse reprendre cet angle légal, après avoir fait grand bruit de ce fameux CPE déjà signé. Agoravox pourrait être un bon vecteur pour ce type d’information. Encore faut-il convaincre Me de bien vouloir y reproduire son texte. La même chose va pour Jules de Dinner’s room qui fourni lui aussi des arguments très intéressants. J’ai donc pris contact avec eux, histoire de leur demander la permission d’utiliser leurs arguments.

On verra bien…

Rufo père et fille

Ce matin, je me suis levé sur un billet de Daniel Schneidermann à propos d’une lettre ouverte d’Alice Rufo à son père. J’ai fait un petit commentaire, histoire montrer que j’étais debout pas trop tard, ce dimanche aussi de prouver qu’il avait des lecteurs matinaux.

Puis je suis passé à autre chose. J’ai fait lire l’échange entre père et fille à ma femme (on a tous les deux bien apprécié certains écrits de Rufo comme jeunes parents), histoire qu’elle profite et aussi parce que je pe doutais qu’elle serait d’accord un peu comme moi avec l’argumentaire d’Alice.

Enfin je reviens en fin de journée, histoire de relire les commentaires qui entourent mes quelques lignes. Et bien en gros, j’ai honte d’avoir mis mes mots au travers de cette bande de con. D.S. n’a rien à voir avec ça, c’est pas lui qui les écrit les commentaires. Mes les autres, mes amis…

Et qu’on t’y met du Chirac, du conflit père-fille, des sdf. Au passage un échange entre D.S. et Anthropia m’a laissé espérer un peu, juste pour lire que c’était encore la faute des autres. Bref, mon commentaire c’est retrouvé avant-dernier : aigreur et dépit 😀

Je termine juste en copiant sans vergogne la lettre de A. Rufo et la réponse de M. Rufo, histoire de pouvoir la garder en réserve pour plus tard.

Lettre à mon père, Marcel Rufo

Quand le Pr Marcel Rufo a dit à sa fille que les étudiants devraient d’abord passer leurs examens, puis organiser des états généraux, Alice, 25 ans, normalienne et diplômée de Sciences po, a répliqué par une lettre cinglante. Nous la publions ci-dessous, avec la réponse du pédopsychiatre

J’ai bien peur que l’idée de faire des états généraux de la jeunesse – comme, en 1789, on avait convoqué le tiers état pour connaître ses doléances – ne soit précisément le signe d’un conflit de générations. La jeunesse n’est pas une classe sociale mais l’avenir, c’est-à-dire la seule classe générationnelle qui compte. Tu te souviens du mot de Sieyès? 1. Qu’est-ce que le tiers état? Tout. 2. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique? Rien. 3. Que demande-t-il? A être quelque chose. Que demandent les jeunes? A être quelque chose. De fait, ils ne sont rien. «Il faut qu’ils aillent passer leurs examens», dis-tu. Le postulat de ta génération, c’est: «Les diplômes, quels qu’ils soient, permettent d’avancer.» C’est vrai, mais moins qu’avant. C’est là tout le problème.

La génération qui dirige actuellement le pays est issue d’une forte période de croissance et a fait ses études pendant cette période bénie où il suffisait de travailler pour avancer. Aujourd’hui, le travail et les études ne suffisent plus. Mais le pire, ce n’est pas le manque de dynamisme de l’économie et le marasme social. C’est que, face à ces problèmes, notre génération ne se sent pas comprise, et encore moins soutenue. Il est très nouveau dans l’histoire de l’humanité qu’une génération fière de sa réussite se détourne des problèmes de la génération suivante et supporte que la situation soit pire que ce qu’elle a connu.

Tu sais, aujourd’hui, le problème, c’est que les jeunes ne travaillent plus (comme c’était votre cas) dans une perspective ascendante, mais seulement pour s’en sortir, se mettre à l’abri, limiter les difficultés. C’est quand même un gros changement d’époque.

Aujourd’hui, on demande à des jeunes à qui on laisse un système éducatif dans un état pitoyable, une dette publique colossale, des retraites hallucinantes à payer, une absence totale de perspectives de prendre encore sur eux le coût de l’ajustement. Il est normal que ça explose. Flexibiliser le marché du travail pour que les entreprises embauchent davantage, oui, sûrement, mais alors avec un système de formation qui tienne debout, un ascenseur social qui redémarre, un véritable investissement dans la recherche, des diplômes adaptés au fonctionnement de la société et qui ne soient pas des leurres. Nous ne demandons pas d’avoir mieux. Mais au moins autant que votre génération. C’est une première, pour une révolution. Nous voulons avancer, nous aussi. Des états généraux, pourquoi pas? Mais, si ça ne débouche pas sur un vrai dialogue, l’ascenseur social méritocratique républicain va finir par se transformer en un avion pour les Etats-Unis au sommet et par un baril de poudre en bas.

Tu dis toujours qu’il faut devenir ce qu’on veut devenir. Mais comment? Cette époque et ce pays sont si tristes… Alice Rufo

La réponse du Pr Rufo

«Si tu as raison, c’est terrible pour ma génération. On a promu nos espérances, mais pas l’espérance pour tous. Pourtant, discuter, échanger me paraît la seule façon de sortir de ce conflit. La parole règle tout. Et je continue à croire à l’importance des examens, des diplômes, des formations. Le travail est une vraie deuxième chance pour se construire et conquérir l’estime de soi. Travaille bien et ne me trouve pas trop vieux.» Marcel Rufo