Le coeur des frites

Ruissellant, Brel me jette à la figure mes manques, mes limites, mes failles. Il pourrait tout simplement me montrer son immense talent, sa maîtrise de la langue, il me jette autre chose à la figure : sa droiture d’homme.

Pas cette perfection du « Plat Pays », pas la fougue d’ « Amsterdam », pas l’honêteté de « Ne me quitte pas » qu’il n’appréciait pas vraiment, pas les autres.  Mais cette justesse d’avoir été un homme à part entière, avec ses lacunes, ses explosions de vérité, son humilité, ses failles qui nous montrent où il faut aller, quitte à s’y perdre.

Moi, j’y suis tellement loin. Je viens juste de calmer Fanny d’une de ses frayeurs nocturnes passagères.  De ces explosions de pleurs dont elle ne se souvient même pas le lendemain.  Pourtant elle dort calmement et si j’oublie, nous aurons oublié.

« J’ai perdu l’accent québécois, d’ailleurs, plus personne n’a ct’accent là, sauf Charlebois, à la télévision »

Pourtant, il m’a semblé tellement amical et disponible, à raconter son frère sur le « pick up » habillé en Elvis.

Bref, j’ai un coffret de DVD de Brel que ne n’avais plus regardé depuis des années.  Difficile d’affronter un géant, même sur DVD.

Gastro économique

Fanny qui joue avec sa poupée malade m’annonce :

Moi j’ai inventé une maladie : la gastro-économique. C’est une gastro où on a toujours chaud

Ubuntu : Pourquoi ça ne me surprend pas…

Histoire de me changer les idées après une journée de boulot, les yeux rivés sur mon écran, je décide de me promener sur Wikipedia…

Après avoir trouvée une photo où je suis visible en tout petit ( cherchez sur la photo ici, oui oui je suis là-dedans), j’ai bifurqué sur la signification de Ubuntu, le nom du système d’exploitation que j’utilise depuis des années et auquel je participe maintenant par mon travail. Voici ce que Desmond Tutu en dit :

« Quelqu’un d’ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand — et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés. »

— Desmond Tutu

Je suis d’autant plus flatté de faire partie de cette communauté et de participer à ce projet de façon active.  Et oui, je me reconnais tout à fait dans cette description. Du moins je tend à y ressembler autant que possible.

Tout le monde il sera beau, tout le monde il sera gentil

Enfin, Lundi il fera beau. Depuis tout ce temps qu’on entend dire que tout est de la faute au gouvernement, du manque de pluie à la neige, des caténaires qui tombent sur les voies TGV au manque de liquide de dégivrage à Roissy, tout ça va disparaître avec l’élection probable de François Hollande, dimanche.

Déjà, tout au début de la campagne, j’avais pronostiqué à ma femme la victoire probable de Hollande aux présidentielles.

– C’est pas possible

– Tu verra…

Je ne suis pas (encore) français. Je n’ai donc pas le droit de vote.  Par fainéantise plus que par choix : je n’ai vraiment pas envie de faire le pied de grue devant la préfecture  de Versailles pendant des heures.  Quoi que maintenant que j’ai des horaires professionnelles plus flexibles, je vais fort probablement m’en occuper.

Donc n’ayant pas le droit de vote, je devrais comme disent certains « me taire ».  Si seulement ceux qui ont le droit de parler le faisait, les villes françaises seraient bien trop silencieuses… Au contraire, je chéris ce droit de parole précieusement.  Et aujourd’hui j’ai envie d’en user pour dire mon point de vue.  Car depuis tellement de temps que j’entends les points de vue des autres sur les calamités de ce président, sur ses tares, ses limites, son agitation, le mal qu’il engendre, j’ai maintenant envie de célébrer avec tous ses détracteurs le retour du soleil.

« à part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche… Qu’on soit de gauche ou de droite, on est hémiplégique. Disait Raymond Aron. Qui était de droite. »P. Desproges

Jamais depuis mon arrivée en France je n’avais vu une élection si vide de contenu, de projet. Sarkozy sera remplacé par un « vote contre », par un « Tout sauf Sarkozy » et ce tout, ce sera François Hollande.  C’est déjà un tour de force pour le candidat-président, comme ils disent, d’être resté si près de son adversaire malgré la haine acharnée qu’il engendre.  Ça me rappelle le Mulroney des grands jours haït à mort par la population canadienne.

Oh, pas que je le tienne en grande admiration mais il a tout de même réussi à tirer l’épingle française de certains jeux difficiles.  Mais face à l’absence apparente de colonne vertébrale de Hollande, son manque de charisme je trouvais Nicolas Sarkozy plus acceptable.  On verra bien la tête de ceux qui, depuis des années lui casse du sucre sur le dos à longueur de journée.  Tiens un « stealth scoop » (à vous de trouver la signification) : je ne suis même pas certain que j’aurais voté pour Nicolas Sarkozy, eu-je eu le privilège du droit de vote.

A mon avis, dans deux ou trois ans, les râleurs (et ils sont légion) qui pleuraient leur sort malheureux en visant « le Sarko » auront autant de larmes à l’encontre de Hollande.  Leurs complainte changera de refrain, ils auront d’autres doléances, mais ils râleront tout de même; c’est tellement plus facile de se plaindre que de tenter de trouver des solutions.

Enfin, il faut tout de même se réjouir du fait que, malgré les cris d’alarmes de ces dernières années, la démocratie française se porte bien avec plus de quatre-vingt pourcent de participation au premier tour et peut-être même plus au second.  C’est aussi fort probablement cette forte mobilisation qui amènera au Front National ses premiers députés lors des prochaines élections législatives.

Et là, ça va faire vraiment mal !!!

Ici et là-bas

Tout à l’heure, je voyais une marée humaine se former devant mon hotel, juste en façe de la Place des Arts. Je suis à Montréal pour la semaine mais je voulais tout de même être à l’hotel pour entendre les résultats du premier tour en France.  Plus tôt, j’avais rencontré deux vieux qui cherchaient déjà la tête de la manif avec chacun sa pancarte sur l’épaule; lui portait son « Oui », et elle son « Non ».  Je me suis demandé pendant un moment si c’était le résumé de leur vie sexuelle, des réminiscences de 1976 ou simplement de la récupération (c’est le jour de la terre tout de même).

Arrivé à l’hotel, le CSA ou quelqu’autre imbécilité régulatoire m’a interdit l’accès au site de TF1 pour voir le direct de la soirée électorale. Je me suis donc retourné vers la radio pour avoir des info, tout en tentant de ‘hacker’ l’origine de mon adresse IP.  J’entendais quelques clâmeurs venant de la rue, quelques imbécilités venant de la radio et des messages d’erreurs de mon portable.  Tout ça était bien triste jusqu’à ce que je découvre le hashtag #RadioLondres de Twitter.  J’ai enfin rigolé, souri et abandonné l’espoir de voir la télé française.  Vu que la recherche de twitter deviendra rapidement caduque, je vous cite quelques-uns de mes favoris (pour une collection plus complète, voici ma source) :

  • Le profil Facebook de Carla vient de passer de mariée à c’est compliqué
  • Le flamby cuit à 27°
  • La Rolex retarde de 25 minutes
  • La météo indique 16° à Nuremberg
  • Le litron de rouge tire 13 degrés
  • La lunette corrige une myopie de 2
  • 1er sondage sortie des burnes : 29% des spermatozoïdes ont choisi la trompe gauche
  • Carlita ne chantera pas, je répète Carlita ne chantera pas

Bien que je continue à avoir des difficulté avec Twitter (je n’ai pas le reflexe) je dois avouer que je vais garder #RadioLondres encore pendant au moins deux semaines.

Tout ça a pourtant mis de coté cette drôle d’impression que j’avais en revenant à l’hotel d’être étranger dans mon ancienne ville.  Pourquoi je me sentais obligé de devoir être concerné par des histoires qui ne me concernent plus, à part par curiosité.  J’étais bien plus attiré par l’expression du vote « contre » que l’on voit se profiler en France et qui n’est jamais très utile à long terme.

Finalement, j’en ferai un autre billet car je préfère de loin le sourire que m’a laissé Twitter aujourd’hui.  Un peu comme lors des épisodes de #Faispascifaispasca…

Marie et Luc

Ce pourrait être un billet à vocation biblique. Il n’en est point.  Je crois même que ces deux personnages évangéliques ne se sont jamais rencontré.  Par contre, si vous leur accolez je prénom « Jean », premier évêque de l’église, ça prend une tout autre tournure…

Pourquoi Jean-Marie fait effraie plus que Jean-Luc ? Je parle de Jean-Marie car sa fille, actuelle porteuse du flambeau de l’extrême droite n’est tout de même que la version de sauvegarde de son triste père.  Et oui, effectivement, la pirouette était plus aisée qu’avec Marine. Mais tout de même, pourquoi a t’on plus peur de l’extrême droite que de l’extrême gauche ?

Parce que les atrocités de l’extrême droite nous sont plus proches que celles de l’extrême gauche.  Il est plus facile de se souvenir de la dernière guerre que de la terreur post-révolutionnaire.

Pourtant, ce n’est pas tellement loin l’ère soviétique, les « passages à l’ouest » que l’on approuvait. Les files d’attente, la misère, l’Allemagne de l’est. Vous avez déjà tous oublié ?  C’est peut-être que les horreurs de gauche sont plus facile à accepter que les horreurs de droite.  Ou que quand elles sont plus loin historiquement, elles font moins mal.

Enfin, je reste face à ce dilemme : Pourquoi Jean-Luc Mélanchon fait moins peur que Jean-Marie Le Pen ?  Pourquoi ne s’inquiète donc pas autant des 15% de JLM que l’on s’est allarmé des 20% de JMLP ?  Parce que l’un a un oeil de plus pour vous regarder ? Trop facile.   Parce qu’il était plus acceptable de voir passer Chirac à 80% face à Le Pen qu’il le serait de voir passer Hollande à 80% face à Mélanchon ? Pas sûr…

Enfin, la question reste posée….

Amazon.fr : Wow !

Tout à l’heure, je me promène dans les allées des bouquins Kindle d’Amazon. Je cherche à savoir si le dernier bouquin de Stéphane Guillon est dispo. Je tombe sur « On m’a demandé de vous virer » qui est disponible, mais à 14€ alors que la version poche du même livre est à 8€.

Histoire de marquer le coup, je laisse un commentaire à cet effet sur la section Kindle du livre et je passe à autre chose.

A peine trente minutes après mon commentaire, le téléphone sonne :

Bonjour monsieur Bouchard, Amazon France à l’appareil. Je vous téléphone à propos d’un commentaire que vous avez laissé sur notre site…

J’ai été bluffé ! Je savais déjà qu’Amazon n’était pas responsable des prix ce que m’a confirmé le conseillé qui m’a encouragé à continuer à laisser ce type de commentaires qui est envoyé aux éditeurs. Tout de même, je ne m’attendais pas à un retour aussi rapide, et surtout pas directement par téléphone ! Bravo Amazon !

Désolés, Florence…

Eh ben oui, ce soir, la France n’a pas la tête à toi.  En d’autres jours, tu aurais fait la tête des journaux. Sauf qu’aujourd’hui, en ce jour précis, la France attend autre chose.

Pourtant, ça avait bien fonctionné pour la mère Bettancourt. Il semble que pour toi, la presse soit occupé à autre chose.  Même les enfants de Belgique sont passé à la trappe. Vingt-deux contre trois, même pour eux le compte n’y est pas.

 En fait, tu n’est que la faible victime de l’attention publique, du moins pour le moment.  La France sera heureuse de te voir de retour, mais elle est préoccupée ailleurs aujourd’hui. Je ne la blâme pas, les enfants c’est sacré.  Tout de même, tu reste la seule vivante dans ces histoires. La seule, non.

Il y a, en ce moment, ce mec seul, dans son immeuble. Mohamed Merah. Poutant, si l’on se fie à l’attention publique, tu est plus seule que lui…

Loin des yeux, loin du coeur

Ce petit billet, c’était juste pour avoir l’impression de te faire savoir que, dans ces dernières minutes, tu n’était pas tout à fait seule.  Je ne connais pas les détails de l’histoire.  Que ce qui m’a été rapporté par ces mêmes média.  Mais j’espère que tu as été prise dans un engrenage politico-judiciaire et que les prochaines heures sauront t’en extirper.

Même si tu était coupable, ce dont je doute, je dirai que je pensais à toi. C’est pourtant pas grand chose. C’est juste moi.

Quel est mon français ?

En lisant un article sur la lutte en cours à propos des frais de scolarité au Québec, j’ai été frappé par une phrase qui me semblait boiteuse :

 Les étudiants de l’Université du Québec à Chicoutimi seront appelés à se prononcer sous peu, si ce n’est déjà fait. Gréver ou ne pas gréver?

Une rapide vérification de la signification du verbe « grever » sur www.larousse.fr me confirme que gréver signifie charger de façon excessive et non pas faire grève.

Or je connais l’expression « faire grève » : je suis en France tout de même, c’est une façon de vivre la grève.  Mais je sais aussi que dans un contexte québécois, gréver veut aussi dire se mettre en grève, ou faire grève.

Puis, grace à mon père et à Facebook, il a attiré mon attention vers un article de Nathalie Petrowski (elle de toutes) qui, elle aussi, se pose quelques questions intéressantes.

Depuis longtemps je crois que les québécois se trompent de guerre quand il s’agit de la langue. Je crois bien que ce fut une des raisons de ma décision d’émigrer; pas pour aller vivre là ou on parle le « vrai français » car il n’en est qu’un, mais plutôt pour aller ailleurs, où toutes ces questions ne se posent pas (bien à tort parfois).

Les québécois en voient pas la forêt de la grammaire au travers des mots francisés à excès.  Même le Grévisse y fait référence, c’est pour dire.  Mais pour portéger la langue française au Québec, on a choisi de protéger les mots, seulement.

Ca m’a surtout frappé depuis mon récent passage à Montréal. Après avoir entendu

Faut faire sûr que tout le monde est là

Pourtant, rien ni personne ne réalise l’anglicisme de make sure, personne ne le remarque, ce n’est pas un mot.  Je cherche d’autres exemples de structures grammaticales anglo-saxones qui s’immiscent lentement dans la langue française parlée au Québec.

Et ne vous méprenez pas, je ne souhaite absolument pas plus entendre le français de Paris à Québec qu’à Bruxelles ou Charleroi.  La langue française parlée au Québec est riches d’expressions que je garde, que ma famille apprend ici, en France.  Mais mes femmes gardent une grammaire bien française, même quand elles truffent leurs phrases de quelque mot anglais qui fait Djeuns ou à la mode.

Le plus paradoxal, c’est qu’un de ces mots anglais à la mode qui est apparu depuis un ou deux ans, c’est « Fun » qui est tellement bien représenté au Québec.

C’est pu le fun pantoute, tout ça !

Une superbe bûche de Noël

Histoire de ne pas l’oublier encore une fois, et parce qu’Alice la réussit à merveille depuis trois ans, voici une excellente recette de bûche de Noël à partager :

http://toutlemondeatabl.canalblog.com/archives/2009/12/07/16057153.html

Félicitation à l’auteure et trois fois merci !