Que faire quand on est cynique et bien pensant…

Gregory, avec un prénom comme ça, il aurait déjà du être content de ne pas finir dans un sac poubelle.

Oui, je sais, c’est immonde. D’où le titre. Et je vous rassure, j’en ai des pires en magasin. J’ai eu une pensée pour ses parents (désolé, y’a Céline en bruit de fond), pour ses proches. Un peu triste de voir une si jeune disparition. Malgré tout content de voir qu’il avait réussi à vivre son rêve, lui, au moins.

Parce que Gregory Lemarchal, je n’ai vraiment rien contre lui. J’étais plutôt content de voir qu’il avait réussi à sublimer sa maladie pour arriver à faire ce qu’il voulait.

Ce soir, ma fille de six ans était en pleurs. C’est vrai, elle est le public cible. Malheureusement, ou non, elle venait de découvrir la mort, le deuil, la disparition.

J’aurais souhaité une autre façon, et puis non, c’est peut-être mieux comme ça. Vaut peut-être mieux garder une certaine distance avec ces évènements de la vie.

N’empêche que je semble découvrir un aspect de moi-même : un cynisme extrême qui cherche à rester humain. A s’excuser de découvrir que l’on peut tout de même amener certains arguments immondes.

Desproges disait On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Je crois que je pense la même chose.

La famille républicaine

Je sais les ficèles peuvent sembler un peu grosses, mais plus j’y réfléchis, plus ça me semble cohérent.

D’un coté il y a le père.

Figure de l’autorité, il ne semble pas gêné de l’utiliser. Parfois de façon un peu trop affirmée, semble-t-il. Il garde tout de même une tendresse toute masculine envers ses enfants. Comme beaucoup d’autres pères, il hésite bien trop à laisser voir ses sentiments, tellement on lui a dit qu’il n’était pas bon de tout laisser voir. Qu’il fallait qu’il soit un homme.

Ca en est devenu une caricature pour lui, trop homme pour les autres. Il s’est forgé un blindage que personne ne sait plus traverser.

Depuis le début de sa carrière, il a beaucoup travaillé. Il a même débuté très tôt, alimenté par un fort goût de l’action et du travail. Il s’est levé tôt toute sa vie et continue, encore aujourd’hui, à aligner les heures sans compter. Pourtant, compter il sait le faire. C’est lui qui a toujours contrôlé les cordons de la bourse familiale.

C’est pourquoi il est sans cesse derrière eux, à tenter de les motiver à aller plus loin, à se dépasser. Souvent trop. Ca finit par ressembler à du harcèlement, cette violence qui ne veut que leur bien.

Aujourd’hui, on lui reproche d’être trop près de ses sous. Sauf que ce sont les sous de la famille, pas tout à fait les siens. Et puis il y a les autres, ceux qui regarde ce que l’on a, ce que l’on a fait.

Cependant, il lui faudra maintenant être aussi présent pour eux. Fini les longues journées de travail entre collègues. La journée ne se terminera pas après le bureau. Pourra-t-il être à la hauteur ? Saura-t-il revenir au niveau de ses enfants ?

De l’autre il y a la mère.

Pleine d’humanité et de tendresse envers ses enfants, elle veut le meilleur pour tous. Depuis longtemps, elle berce la famille au coucher, les emmenant doucement au sommeil, vers une paix nocturne. Elle a meublée leur vie d’histoires colorées et vives, des contes remplis d’espérance et de joie, de ce que doit être la vie, et l’avenir.

Encore maintenant, elle leur propose des horizons sans nuages, elle leur demande ce qu’ils espèrent, et leur assurent qu’elle saura le leur offrir. Elle ne saura jamais leur annoncer la vérité sur le monde qui les attend. C’est trop difficile pour elle. Elle voudrait tellement mieux pour eux.

Sauf que maintenant, elle doit affronter la vraie vie, le travail et la famille. Elle se devra d’endosser la responsabilité de toute la famille. Saura-t-elle dire non ? Avoir la fermeté nécessaire ? Tenir la maison ?

Entre les deux, les enfants qui doivent choisir.

Aujourd’hui, on leur demande de choisir. C’est l’affreux dilemme de cette procédure. Il doivent choisir entre celui et celle qu’ils chérissent le plus. Même en l’ayant choisi, lui, ils espèreront toujours être avec elle, dans ses bras. Malgré être parti avec elle, il souhaiteront toujours venir se protéger sous son aile à lui.

Pourtant ils doivent choisir, prendre position, s’identifier. Il y en aura certains qui partiront avec lui, parce qu’il leur ressemble tellement. Ou parce qu’il souhaite suivre ses pas. D’autres iront avec elle, pour vivre dans ses souhaits, s’identifier à ses rêves.

Mais pourront-ils vivre avec la moitié de leurs parents ? Avec seulement lui, ou uniquement avec elle ?

En ont-ils seulement envie ?

Entendu de loin : L’échec du matériel de Daniel Bélanger

Voici un auteur compositeur dont vous n’avez probablement pas entendu parler. Normal, il est talentueux. Normal, il est québécois.

Ma môman m’a ramené « L’échec du matériel« . Pas la peine de le chercher à la FNAC. Pas pour rien que je vous file l’URL sur Amazon.ca

J’ai entendu Daniel Bélanger en 1992, à bosser sur la plate-forme de forage Hibernia, sur CHOM-FM Montréal à l’époque. Opium fut ma première rencontre avec lui : quel choc ! Ca c’était « Les insomniaques s’amusent ». Puis vint « Quatre saisons dans le désordre », un autre bel album. Puis je suis parti vivre en France et laissé DB un peu derrière.

Récemment, au fil du WEB, j’ai vu qu’il avait créé d’autres albums depuis. Ma môman a eue la gentillesse de me m’envoyer « Deflaboxe ». Curieux travail qui m’a tout de même bien accroché. Il reste un de mes favoris pour les transports en communs en région parisienne.

Enfin, L’échec du matériel est en train, lui aussi, de devenir un standard dans ma bibliothèque. Je crois bien que je vais bientôt me récupérer « Rêver mieux »

Tout de même, je ne comprends absolument pas pourquoi on nous lance des Nathacha St-Pierre et autres bêtises insipides dans les pattes plutôt que de nous présenter Daniel Bélanger en France. Il n’a peut-être pas envie de venir faire un tour ici. Enfin, il est pour moi incontournable dans le paysage musical québécois.

Pour qui je voteraiS

L’élimination de la ribambelle de pseudo-candidats, les seuzes qui sont là pour faire valoir _LEUR_ opinion, est triviale. Comme leur présence d’ailleurs. Mais là, c’est le nord-américain qui parle. Celui habitué au bipartisme viscéral, au mode anglo-saxon.

Il ne reste que le trio de tête.

Je ne pourrais pas voter pour Royal. Ou sinon, juste pour pouvoir la voir se dévoiler, se montrer sous son vrai jour. Elle me semble trop créée de toute pièce par elle-même, trop prête à l’emploi. Dans tous les cas, je ne pourrais voter pour ceux qui ont fait croire aux français que les 35 heures leurs amènerais du travail.

Il reste les mecs. Bayrou est un cas de conscience. Mince, peu convaincant, à la remorque de l’opposition des autres. Quelques idées, un peu orphelines d’un vrai programme. Il n’a le mérite que d’être au centre.

Puis Sarkozy. Je ne peux m’empêcher de douter de ce mec. J’ai trop vu de politiques pendant les années actives de mon père pour ne pas savoir ce que peut promouvoir le désir politique. Jusqu’où on peut aller pour pouvoir imposer son idée de ce que les autres ont besoin. Sarkozy me semble avoir une idée trop arrêtée sur tout. Il me semble transporter un tas de petits sacs dans lesquels on y met en vrac, les problème pour lesquels on a déjà imaginé des solutions. Une grosse machine, bien des blocs tout faits.

Quand je regarde autour, les « de gauche » sont convaincu par Ségolène. Les « de droite », n’en ont que pour Nicolas. Beaucoup d’autres sont à ce demander s’ils oseront le François qu’ils aimerait tant, même s’il n’y a que le François qu’il reste.

Si j’étais français, je voterais probablement pour Bayrou. Surement pas pour ce qu’il avance comme idée, filet trop mince, mais pour l’imbroglio politique qu’il pourrait créer et qui serait peut-être bénéfique pour la France.

On verra bien dimanche

…is alive and well…

Brel me laisse perplexe. Il m’oblige à chaque fois à réfléchir, à me poser des questions.

Pas tellement sur ce qu’il dit, sur ce qu’il a écrit. Mais surtout sur moi. Car il ne faut pas écouter Brel en pensant à lui. Je crois que ça ne sert à rien. Pas certain qu’il en pensait autrement.

Mais il a laissé derrière lui quelques mots sur lesquels il est aisé d’avoir envie de réfléchir. Du moins, à chaque fois que je vois les quelques images d’archives, je ne peux m’empêcher d’avoir envie de penser. De prendre quelques pas de retrait pour imaginer ce que serait les choses autrement, si on restait pour quelques instants quelques pas derrière.

Il ne faudrait pas être triste tout de même. Il faut seulement s’arrêter un peu et réfléchir. Si ce n’est que pour se rendre compte que l’on ne pense à rien.

Et si, pourtant, on pouvait en rire, tout en continuant à réfléchir…

Identité nationale…

C’est vrai qu’ils sont plaisants tous ces petits villages Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est être habités Et c’est être habités par des gens qui regardent Le reste avec mépris du haut de leurs remparts La race des chauvins, des porteurs de cocardes Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie Empalés une fois pour toutes sur leur clocher Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie Vous font voir du pays natal jusqu’à loucher Qu’ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar Ou même de Montcuq il s’en flattent mazette Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches Enfouissent la tête on trouve pas plus fin Quand à l’air qu’ils emploient pour gonfler leurs baudruches Leurs bulles de savon c’est du souffle divin Et petit à petit les voilà qui se montent Le cou jusqu’à penser que le crottin fait par Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C’est pas un lieu commun celui de leur connaissance Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux Les petits maladroits qui n’eurent pas la présence La présence d’esprit de voir le jour chez eux Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire Contre les étrangers tous plus ou moins barbares Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon dieu qu’il ferait bon sur la terre des hommes Si on y rencontrait cette race incongrue Cette race importune et qui partout foisonne La race des gens du terroir des gens du cru Que la vie serait belle en toutes circonstances Si vous n’aviez tiré du néant tous ces jobards Preuve peut-être bien de votre inexistence Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

G. Brassens

Toujours vivant !

Ben oui. Et c’est pas une citation de Gerry Boulet.

J’ai survécu à l’initiation aux Roller avec ma fille de 6 ans. Au moins, j’ai eu l’ascendant sur elle pendant un moment : j’ai osé chausser les rollers avant elle.

Résultat : aucun os brisé, aucun ecchymose, à peine deux chutes.

Nous allons donc remettre ça bientôt, histoire de confirmer que cette victoire n’était pas un hasard isolé.

Ouistreham, 9pm

Y’a des moments, comme ça. Bien peu. Ce qui fait que ma femme s’en rend compte.

D’un coté, une table d’allemands. Du moins, je crois, à les entendre parler.

De l’autre, une table de bon vieux français. Le type frontiste en cure.

Et nous entre les deux, un vendredi soir à Ouistreham. Je viens d’arriver, de retrouver ma femme, ma plus jeune fille car la plus grande a passé la semaine avec moi.

Pour faire la fête, nous nous retrouvons au resto de l’hôtel. Pour une fois, on peut être ensemble à table, au calme.

Pas pour longtemps. Car même si la dame des allemands semble avoir reconnu Fanny (qui est là depuis dimanche) il semble venir de la table des frontiste, déjà comme un bruit de fond de contestation. Une de ces vieilles vide ne veut pas entendre de bébés le soir dans des restaurants. Ca part mal pour la cohabitation. De plus, je ne suis pas en jambe. J’ai passé deux mauvaises nuits, cause les allergies et j’espère pouvoir diner tranquille avec ma famille.

Et elle nous la remet, assez sonore pour que je ne puisse pas me changer les idées avec un Chablis de Mr Faivre. Après un moment, histoire d’aller chercher des jouets, je quitte la table avec Fanny, non sans laisser au passage à la vieille un Ne vous inquiétez pas, on revient.

Pour faire une longue histoire courte, ils mon gâché mon diner en famille, ma femme ne m’avait que rârement vu dans cet état et j’ai failli coup de bouler la vieille qui a finit par aller se plaindre à la direction.

Pendant ce temps, la table d’allemands regardait Fanny avec tendresse. La même dame qui parlait français s’est même excusée d’avoir attiré l’attention de Fanny alors qu’elle mangeait.

Finalement, la matière première à cimetière est parti, nous avons pu terminer tranquillement notre diner et même partager notre frustration avec le serveur.

Et de réfléchir en partant, si ça vallait vraiment la peine de venir mourir sur ces plages juste à coté pour des (maintenant) vieux français aussi rustre. « C’est pour les autres » arrive toujours juste après. Mais dans des moments de colère, la question reste quelques instants.

P.S. La dame apparemment était belge. Autant pour ma preception des accents.

République des blogs : la 8eme

Cette fois, j’y serai peut-être (du moins c’est ce que j’ai dit à Jules).

Enfin, sinon profitez-en bien.

Web 2.0 c’est quoi ?

Mis à part être une expression créée par Tim O’Reilly, c’est maintenant la nouvelle voix vers laquelle se dirige le contenu des site Webs.
Une façon intéressante de le visualiser (en anglais cependant) est de visionner ce vidéo :

Elle circule en ce moment en interne à mon travail et attire beaucoup l’attention. Ca intéressera peut-être quelqu’un.