Je suis avec attention l’arrivée de mon père dans la blogosphère (ouais, je sais ça craint. La blogosphère, pas mon père). Déjà, je crois qu’il a compris à peu près comment ça marche.
Faut dire, qu’il a l’expérience d’une chronique régulière dans Le Quotidien, il y a quelques années. Ces articles, je les ai précieusement mis de coté pour pouvoir les mettre bientôt en ligne. Mais quand j’ai lu le billet, j’ai surtout accroché sur ça :
les garçons y ont grandi et ce n’est qu’au début de ma carrière politique que nous l’avons tous quitté ou presque puisque nous y sommes revenus qu’occasionnellement mais sans y demeurer pour une longue période.
Effectivement, nous y avons grandit. J’ai le même type de souvenirs, les parties de « gendarmes et voleurs » qui ont massacré les massifs de pivoines et les cèdres, les sauts « en bicycle » sur un capot de voiture bleue, récupéré je ne sais où. Encore plus loin dans ma mémoire, une escalade des poulaillers derrière l’ancien garage un peu avant qu’ils soient démolis. Je vois encore la paille et les cageots. Je me souviens aussi du bruit, des odeurs et des poussins des produits avicoles. Des tas de touffes jaunes et un bruit assourdissant.
Je me souviens aussi de cette soirée où nous avons arraché la vieille « tapisserie » pour découvrir les murs bruts, les vieilles traces de l’ancienne cuisine et tous les « braquettes » que ma mère a passé des heures à retirer. Du premier sac de golf pour l’anniversaire de mon père. De la piscine que je ne nettoyais jamais assez souvent. De la cabane où était le filtre de la piscine, la tondeuse, les « bicycles » entassés pour les abriter de la pluie.
Oui, je dis « les bicycles », parce que maintenant je dis les vélos, histoire de me faire comprendre par mes filles et ma femme. Pourtrant, elle savent ce que c’est qu’une épluchette ce blé d’inde. Mais ça ne change pas grand chose. Mes souvenirs sont plus maintenant autour de la campagne normande qu’autour du lac St-Jean. Je connais mieux Camembert, Pont L’éveque et Livarot que le cheddar de St-Prime. Je suis pourtant resté dans une patrie laitière et fromagère. Par hasard ? Probablement pas.
C’est vrai que ces souvenirs on les garde pour ces moments où l’on a envie de retourner au chaud. Parfois, je me sens loin de ma famille, de ces pierres, de la cave où entraient des corneilles l’hiver. Maintenant, je tente d’éviter de voir entrer les souris dans la maison en Normandie. Les araignées aussi. Mais j’aime aussi retourner me protéger des ces souvenirs normands. Parce qu’ils gardent la trace de ma famille, venue partager là mon mariage. Revenus plus tard pour partager de bons moments.
Mes enfants et ma femme gardent aussi en mémoire des souvenirs du Lac St-Jean. La première aurore boréale qu’a vu ma femme, un soir d’août après avoir passé des années à étudier les plasmas. Alice a été baptisée à Roberval. Fanny a bien hâte d’y retourner.
Les souvenirs sont ce surplus de bagage que l’on a pas à payer quand on prend l’avion pour vivre ailleurs. Ces moments privilégiés que l’on garde, qui continuent à nous relier à ceux qu’on aime, à ceux qui sont là pour nous