Un peu de cuisine…

Ce soir, j’ai eu droit à un grand plaisir. La cuisine végétalienne me l’a apporté.

Suite à une discussion, je ne sais plus pourquoi, j’ai fait « how to cook vegan » sur google et je suis tombé sur ça :

http://www.buzzfeed.com/expresident/easy-vegan-recipes

Pas compliqué, le premier hit sur Google.

La-dessus, le troisième choix était « Summer Squash Risotto ». Ca nous semblait intéressant.  Puis Nath, ce matin me sort

- On fait le risotto de courgettes ce soir

Donc je traduis la recette, elle fait les courses et, malgré l’heure tardive, je me lance dans la recette pour le dîner. Le but du diner c’était ça :

Risotto de courgettes

Donc, un peu réticent (les courgettes, Fanny elle n’aime pas ça) je me suis donc lancé pendant que Madame jardinais.  Un peu long a réaliser mais quel résultat !!!

Super savoureux, crémeux, comme les risotti de ma femme, mais façon végétalienne.  Pourtant je n’étais pas convaincu de l’affirmation « Il faut qu’on mange moins de viande » de Nath. Encore moins du style de vie d’un de mes nouveaux collègues, végétalien convaincu, qui me semblait suspect.

Bref, un super repas, mémorable et extrêmement revalorisant de réussir ce dîner fait sans viande et savoureux. Et en prime, Fanny qui me sort :

- Tu peux nous faire ça tous les soirs ?

Elle avait lessivé l’assiette et en a redemandé, comme tout le monde autour de la table.

Je laisse la recette sur le blog familial, traduit de ce site anglophone.

Bon appétit !

 


« C’est la crise »

Si vous êtes français ou, comme moi, vous souhaitez le devenir, il y a une expression que vous devrez vous habituer :

C’est la crise

Je suis arrivé en France début 1994 et depuis j’entend cette expression : « C’est la crise »

Encore aujourd’hui en 2014, vingt ans après j’entend toujours, ce soir la même rengaine : « C’est la crise »

Comment voulez-vous espérer que les choses aillent mieux si, depuis vingt ans tous les politiques vous servent « C’est la crise ».


Voter avec ses pieds

Si tu ne vote pas, ferme ta gueule !

Cette affirmation, le j’ai souvent entendue, de ma femme entre autres. Bon, faut dire qu’en tant qu’immigré je n’ai pas le droit de vote en France. Paresse et procrastination pour éviter de passer des heures devant la préfecture de Versailles à faire la queue. Quoi que c’est peut-être un des premiers actes d’intégration que d’apprendre à faire la queue à l’extérieur des administrations.

Bref, si tu ne vote pas, t’as pas droit au chapitre.  Ca semblait logique au XXe siècle, moins maintenant. Et pourquoi vous me direz ? Parce que ces derniers temps (je dirais depuis le début de la seconde décennie du XXIe siècle) l’abstention est devenu en moyen d’expression tout aussi important que le vote en lui même.

Depuis les récents résultats des élections municipales, je me demande comment expliquer cette abstention historiquement élevée. Près de 40%, ce n’est tout de même pas trivial.  Mais quand l’électeur a la conviction que son vote n’aura aucun impact, que voter à gauche et à droite c’est la même chose, qu’ils ont le même marge de manœuvre très limitée ou qu’ils sont tous aussi pourris et bien l’électeur décide de ne plus en être un. Il vote avec ses pieds et reste à la maison.

On ne peut plus demander à 40% des électeurs de fermer leur gueule. Ils l’ont ouvert en décidant de ne pas voter. De dire aux candidats que rien qu’ils ne proposent ne sont à la hauteur des espérances qu’ils ont envers leurs représentants.  Et ceux qui votent aux extrêmes ? Pour un bon nombre, c’est par conviction raciste, xénophobe ou populiste.  Mais pour beaucoup d’autres, c’est un vote contestataire qui veut justement éviter de voter avec les pieds et ne pas se déplacer.

Donc ils votent pour Marine ou Jean-Luc. Fouillez-moi, pour l’une, c’est pire qu’une maladie honteuse, pour l’autre, ça demeure acceptable.  Peut-être que le champs des convictions de l’autre est plus près des mentalités journalistiques qui véhiculent ces valeurs de gauche. Ce n’est rien de bien différent que le Tea Party américain, sauf que la droite se permet d’aller tellement loin là-bas qu’il n’y a plus d’extrême donc on voit ça différemment.

Donc voter n’est semble-t-il plus la seule façon démocratique de s’exprimer.  Ne pas voter en est une. Et pour ceux qui me brandiront le « vote ou ferme ta gueule », je leur montrerai l’Ukraine ou le printemps Arabe ou c’est autrement que par le vote que le peuple a su s’exprimer.


Ostie de grippe!

J’ai rien que ça à dire.

Elle m’a attaquée jeudi le 27 février. Le vendredi matin, je n’ai pas su sortir du lit de la journée. 38.5°C de fièvre minimum. Et je pensais que c’était dur.  Samedi, pareil. j’ai au moins réussi à diner avec la famille. La veille, je n’avais pas pu tenir plus d’une heure. Et puis le dimanche, retour en région parisienne.  J’ai même pensé conduire moi-même pendant un moment.  Un court moment.

Les filles ont été géniales. Alice & Fanny ont bien aidé Nath à tout nettoyer, tout régler en Normandie pour le départ. Quand je me suis levé, il n’y avait rien à faire que de chercher quoi faire. Arrivé au Chesnay, diner comme à l’habitude et un retour qui me laissait penser que tout allait s’arranger.

Même la visite chez médecin le lendemain m’a laissé croire que je touchais à la fin.

- Je vous arrête deux jours, ça devrait suffire

- Effectivement

Le lendemain, impossible de bouger. Quand j’ai du aller chercher Fanny à l’école, Jane, une amie a eu pitié de moi et s’est occuper d’emmener Fanny à la musique. Alice est passé a la pharmacie pour moi.  Je ne suis jamais ressorti du lit jusqu’au lendemain. Et ce ne fut que pour retourner chez le médecin pour allonger mon arrêt de travail.

Bref, ça c’est étiré comme ça, jusqu’à la nuit de vendredi à samedi où S.O.S. médecin est venu me délivrer et m’annoncer un Otite purrulente.

- Le tympan risque de se percer. Mais ça vous fera moins mal

Bref, depuis cette nuit ou je n’ai pas dormi avant cinq heures du mat’, visite chez l’ORL qui a confirmé la rupture du tympan, perte d’audition presque totale de l’oreille droite. Mais la grippe s’est enfin barrée.

UPDATE: J’ai aussi oublié de mentionner que c’t ostie de grippe m’a couté un spectacle de Brad Mehldau que j’attendais depuis un an et que je n’ai pas pu voir.  Quand ma femme est revenue du spectacle son expression a tout résumé

- C’est probablement le plus beau spectacle de Jazz que je n’ai jamais vue

Donc retour au travail cette semaine. Je suis sourd d’une oreille, j’ai perdu cinq kilo et j’ai pas beaucoup d’énergie.  Mais au moins j’arrive à bosser.

Je crois que l’an prochain, à la question « Est-ce que vous avez été vacciné pour le grippe », je cocherai « Oui


De souche et de misère

Hier, un tweet de Natacha Polony a ravivé mon envie d’écrire sur un sujet qui commence à faire débat ici en France :

J’avais déjà tiqué sur un autre reportage à la radio, à propos de « ces français issus de l’immigration » qui m’avait agacé.   »Français issue de l’immigration », c’est juste un galvaudage politiquement correct pour éviter de dire minorité visible, comme black qui fait ‘trendy’ alors que nègre ça ne passe pas.

Il ne s’agit pas du tweet en lui même, mais du texte auquel il fait référence. A chaque fois que je lis ce type de débat, ça me renvoit quinze ans en arrière lorsqu’en compagnie d’une amie « française issue de l’immigration » je l’avais entendue dire

De toute façon, toi tu sera toujours plus français que moi

Elle, française mais née au Sénégal et arrivée en France à six ans, moi (toujours) pas français mais bien blanc et de type occidental.  Depuis, elle est allée faire sa vie en Suisse car comme elle disait, « Une femme noire en France, y’a pas d’avenir ». Elle est pourtant Ph D en Mathématique de la Sorbonne

Tout ça pour dire qu’à mon avis, un des problèmes de l’immigration en France tient déjà dans la façon dont on nomme ceux qui en viennent. « Français issue de l’immigration » : on fait déjà une différence entre eux et les « français de souche ». L’immigrant reste donc, un français de seconde zone, un résultat que l’on marque d’une différence d’apellation toute ‘française’.

Venant d’un pays né de l’immigration et qui continue à recevoir bon nombre d’immigrés, je continue à remarquer à chaque passage au Québec comment les personnes venant d’origines diverses deviennent québécois.  Je me souviens de l’époque des « boat people » du Viet-Nam et du Cambodge, leur arrivée au Québec.  Je me souviens aussi, peu avant mon départ pour la France, entrer dans un dépaneur et voir ce jeune garçon à la physionomie orientale, me lacher un « Tabarnak » plein de cet accent que l’on partage.

Si on souhaite que l’immigration fonctionne en France, il faut que l’on cesse de hiérarchiser les immigrants, les nouveaux français, seulement par leur apparence.  Quand je pense qu’il faut encore aujourd’hui fournir une photo sur un Curriculum Vitae, je me dis qu’on est loin d’y être arrivé.

En attendant, vous me direz, je ne suis même pas français moi-même. Effectivement, je n’arrive toujours pas à me souvenir de caser une demi-journée d’attente dehors en ligne devant la préfecture pour pouvoir déposer mon dossier.  Peut-être au printemps…


Hip Hop

Moi : Mon grand-père c’était un trappeur

Fanny : Quoi ? Un Rappeur ?

Moi: MDR


Mot d’enfant Hi Tech

Fanny – Elle m’a poussé

Alice – J’y ai pas touché

Fanny – Oui elle m’a touché

Alice – J’y ai pas touché; c’est arrivé par Bluetooth !


Poularde en pot-au-feu à la périgourdine

Histoire de pouvoir retracer une recette mémorable préparée par Nath pour le déjeuner du nouvel an, je me permet de reproduire la recette suivantve issue du site « Cuisine et vins de France »

Ingrédients

  • 1 poularde fermière
  • 4 carottes
  • 1 poireau
  • 4 navets
  • 1 gros oignon
  • 6 pommes de terre
  • 1 foie gras cru de 500 g
  • 4 tablettes de bouillon de volaille
  • 1 bouquet garni
  • 3 cuillères à soupe de bon porto
  • sel
  • poivre

Étapes

La veille, dénervez le foie gras, assaisonnez-le de sel (à raison de 15g/kg) et de poivre, mettez-le dans un plat creux, ajoutez le porto, couvrez et laissez mariner 2 h au réfrigérateur.Passé ce temps, refermez les lobes du foie pour le reconstituer et roulez-le dans un morceau de tissu de coton (ou de drap) fin en serrant fort pour former un joli rouleau. Ficelez les extrémités comme un gros bonbon.

Faites bouillir 2 litres d’eau dans un faitout, ajoutez les tablettes de bouillon. Plongez le rouleau de foie gras dans le bouillon frémissant et, hors du feu, laissez pocher 10 min en retournant plusieurs fois le rouleau. Egouttez le foie gras et laissez-le reposer une nuit au frais. Réservez le bouillon pour la cuisson de la poularde.

Le jour même, épluchez et lavez les légumes (à l’exception des pommes de terre). Découpez la poularde en morceaux. Blan­chissez-les 1 min dans une casserole d’eau bouillante, égouttez et rincez-les sous l’eau froide. Réu­nissez dans une marmite les ­morceaux de volaille blanchis, le bouquet garni et les légumes épluchés.

Mouillez avec le bouillon de volaille au foie gras, salez, poivrez et laissez mijoter 2 h à feu très doux. Epluchez les pommes de terre et incorporez-les dans la marmite 30 min avant la fin de la cuisson de la poularde.

Egouttez tous les légumes et les morceaux de volaille. Réservez-les au chaud dans un plat de service creux. A l’aide d’une cuillère, débarrassez le bouillon contenu dans la ­marmite de la graisse amassée à la surface, jetez-la, puis remettez le bouillon à chauffer. Dès qu’il frémit, plongez dedans le foie gras au torchon et laissez-le réchauffer pendant 2 min. Egouttez-le, déballez-le, puis découpez-le en six tranches épaisses.

Servez la poularde en pot-au-feu dans des grandes assiettes avec les tranches de foie gras et le bouillon.


Minestrone

Histoire de ne pas perdre la recette et de la faire profiter au monde entier, je recopie la recette de la Minestrone de Nath que nous avons mangé hier.

  • 3 carottes
  • 2 navets
  • 2 courgettes
  • 3 gousses d’ail
  • 3 pommes de terre
  • 4 bouillons cubes
  • 3 tomates en dés
  • 150g de petits pois
  • 1 poignée de haricots verts
  • 2 litre d’eau
  • 3 saucisses de montbéliards / morteau / lard fumé
  • 150g de haricots blancs
  • pates
  • Persil, basilic,ciboulette
  • huile d’olive
  • Si nécessaire, concentré de tomates

Faire revenir l’ail pressé et les légumes (sans tomates & courgettes) dans l’huile d’olive. Ajouter le liquide, les courgettes et les tomates et laisser mijoter.

Mettre les pates 10 minutes avant la fin


Rédac

Il y a quelques semaines, Alice stressait à propos d’une rédaction qu’elle devait faire en français.  Pour l’encourager, nous avons décidé de nous y mettre, nous les parents et de faire la même rédaction, inspirée du texte « Le pied de momie » de Théophile Gautier. Histoire de ne pas la perdre, j’ai pansé la laisser traîner ici.

Voici donc.

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Après maintes hésitations, j’arrêtai mon choix sur un bloc de « marbre blanc » de quelques centimètres, aux côtés lisses et muni d’arêtes vives et acérées. De la couleur de ces galets que l’on retrouve sur la côte, lavés par la houles pendant des décennies, bien lourd et dense pour garder en places tous ces livres qui peuplent mon espace de travail. Je revins donc à la maison, heureux de mon acquisition et convaincu d’avoir bien négocié.

 

Rentré à la maison après une longue journée de recherches, heureusement fructueuses, je réorganise mon espace de travail et place le bloc de marbre bien en vue au milieu du bureau, appuyé contre les recueils de poésie grecque et latine. Là, il saura tenir compagnie aux héros de l’Iliade et de l’Odyssée. Fatigué par tant de marche, je décide de restreindre mon dîner à la portion congrue en espérant gagner mon lit le plus rapidement possible. Bouillon et quignon de pain seront tout à fait suffisant.

 

Malgré la frugalité de mon repas, le temps me paraît être long et je sens le sommeil me rejoindre doucement. Soudain, mon attention est attirée vers le bloc blanc posé sur le bureau. L’observant attentivement pendant quelques instants, je remarque autour des bords en contact avec le bois du meuble comme une flaque blanche qui semble se déplacer vers moi. Incrédule au début, je me rends rapidement à l’évidence que le cube semble fondre. Plus curieux encore, le liquide qui en découle s’avance dans ma direction et commence à ruisseler des bords de mon bureau.

 

Sans même avoir le temps de réagir, mes sens alourdis par cette journée épuisante, je réalise que mes pieds baignent déjà dans cette marre de marbre qui chemine vers moi. Il m’est maintenant impossible de m’avancer pour inspecter le cube, du marbre liquide jusqu’au genoux en cours de solidification me figeant sur place. J’arrive toutefois à discerner d’étranges formes qui se détachent des faces du cube qui ne semble pas rétrécir malgré tout ce marbre liquide qui inonde maintenant la pièce. L’étrangeté de ces formes s’effacent rapidement pour laisser voir clairement les traits d’un homme barbu à l’allure sévère et convaincue.

 

Il me toise de loin, son regard penché sur moi comme s’il me regardait haut de son navire. Moi, immobile dans cet océan de marbre, je n’arrive plus ni à bouger, ni à remuer mes bras. L’angoisse me submerge et je sens la détresse monter jusqu’à mon visage, implorant son aide à ce qui fut un cube de marbre, maintenant devenu le buste d’un homme barbu à l’air sévère.

- Ne voyez-vous pas que je coule et risque de perdre ma vie ?

- Vous m’avez enlevé à mon périple et je me retrouve aujourd’hui à terre. A vous de me rendre à mes voyages et vous serez sauvé

- Mais comment puis-je vous rendre votre liberté, ici, immobile et submergé par tout ce marbre ?

- Réalisez donc ce que représente le drame de ne plus exister que par son buste, dans un monde uniquement fait de marbre !

 

Les derniers mots du navigateur résonnèrent bruyamment dans ma tête. Lentement je sentis l’étreinte du marbre se libérer, mes membres engourdis regagner leur liberté. Ma tête immobile quitta la table où elle était appuyée et j’ouvris les yeux. La fatigue de la journée l’avait emporté sur mon dîner. Le jour s’était levé et le soleil rayonnait par la fenêtre illuminant toute la pièce.

 

Sur mon bureau était appuyé, contre les récits d’Homère, le buste de marbre d’un navigateur grec à l’air sévère et convaincu.